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Archives de nouvelles de 2003 à 2005
Le montage du film est terminé. Il ne nous reste qu'à numériser en différents formats pour le téléchargement et tout sera prêt pour que vous voyez la pièce !!! C'est vraiment à notre image : un peu tout croche, mal éclairé, mais le coeur y est, et c'est réellement unique. Le son n'est pas si mal non plus. En tout, à peu près 35 minutes. Wrrraaahh !
Il y a un nouveau poème dans la section forum. Il s'agit de "Drecched Maenad", résultat de mes recherches en vieil anglais pour la nouvelle sur laquelle je travaille. Laëmas a aussi produit un court métrage dans un cimetierre que nous voudrions poser ici. Avant, il faudra monter le film de la pièce de l'Aube Noire ! Scheisse! Sinon, quelques idées sont en vue pour la Foret Noire, principalement une section pour mes textes politiques (et ils sont Légion!) et le projet de traduire le site en anglais. D'autres nouvelles à suivre...
La Forêt Noire est de retour !!! Nous sommes maintenant de retour, après presque 6 mois d'absence !!! Le site a été partiellement reconstruit, pour signifier notre volonté à faire un retour sur le web. Et où étaient les artistes de la Forêt Noire tout ce temps ? Études, travail, voyages, et dix-sept milliards entraves de divers natures horrifiques, sans compter l'action politique. Le nouveau site comprend deux nouvelles sections, Nihil et Artistes. Le forum fonctionne toujours, mais le questbook a été, ironiquement, anéantit. Nous avons relocalisé le site sur le serveur de Reclaim ce qui nous permet de stocker plus d'information et ne nous soumet pas aux mêmes contraintes... idéologiques.
Pour ce qui est de l'Aube Noire, nous avons réussit à distribuer la moitié du premier tirage, incluant quelques exemplaires en France, Belgique et États-Unis. Après avoir participé au Salon du Livre Anarchiste et à quelques activités de promo, nous avons finalement commencé à transférer le vidéo du lancement. Moi et Laëmas avons cependant rencontré qques problèmes techniques et la chose va, malheureusement, prend encore plus de temps. D'un côté plus positif, nous envisageons un nouveau projet litéraire ! Le nouveau projet, qui porte présentement le nom ''Demon Dim'', sera une nouvelle anglophone sur un ton cynique et surréel. Les thèmes politiques sont toujours aussi présent, disons seulement que suite à la tragédie qu'est l'Aube Noire, nous avions envie de poursuivre sur une note plus humoristique. Le talent de Laëmas est encore au rendez vous, et ses capacités ont, comme celles de Raven, été enrichies par le fil du temps et la pratique intensive. Vous pouvez lire un extrait brouillon de Demon Dim ici. Nous sommes vraiment crinqués de revenir sur le web et donner nouvelles après tant de temps. Nous nous sommes vraiment ennuyé de vous ! Si vous voulez entrer en contact avec nous ou simplement envoyer du feedback à propos de l'Aube Noire, écrivez au nox@resist.ca ! Voici quelques photos du lancement de l'Aube Noire. Merci à Gandalf et Didi !!! Plusieurs mises à jour sur le site, particulièrement la section des projets. Aussi, le message board ne semble plus fonctionner. Nous attendons de savoir si nous serons distribués à la Librairie l'Insoumise au 2033 blvd St-Laurent. Ce qui est certain, c'est que nous serons au Salon du Livre anarchiste. Il y a aussi une vidéocassette en création, qui regroupera le film Vengeance et le tournage de la pièce du lancement... à suivre !!! Le lancement était fracassant !!! Merci à tout le monde ! Nous étions huit à organiser, et vous êtes venus à peu près cinquante pour voir le concept final... c'était génial. En contraste au cauchemard de l'édition, vous dévoiler le résultat nous a convaincu que ça valait la peine... Le livre est donc en vente, auprès de Bruno et Sam (15$) et bientôt à la librarie anarchiste l'Insoumise sur St-Laurent, au nord de Ste-Cath. À confirmer... Finalement, nous avons de nouvelles idées pour de nouveaux projets... tout cela repose tranquillement, et on essaie de se reposer un peu. Enfin, des nouvelles bientôt ;-) Bonne nouvelle ! L'Association des Étudiants-es de Science Humaine nous a accordé une subvention de 500$ ! Nous pouvons donc réduire le coût du roman à 15$ pièce ! Merci à l'AFESH !
Et donc le projet se termine. D'ici un mois, l'Aube Noire sera officiellement lancée, après deux ans de création. Le lancement est au Chaos tel que mentionné, mais les prix sont de 5$ en prévente (billets) et 7$ à la porte. Un concept parallèle au roman sera utilisé. Pour ce qui est du livre, le premier tirage est de 220 copies en papier 100% recyclé, à plus ou moins 440 pages. Le prix coûtant est autour de 16$, et c'est à ce prix là que nous allons le vendre. La pièce de théâtre est en train d'être montée. Nous avons sept personnes qui travaillent sur le projet, en plus des figurants-es et bénévoles. Merci à tout le monde qui nous ont supporté tout ce temps ! Cette fête, c'est la vôtre. L'affiche du lancement est disponible et téléchargeable. Clickez ici-bas. J'ai entendu dire que le film était difficile à ouvrir. Vous pouvez downloader les bons codecs ici (codecs.exe, 20 megs) Juste à installer le tout et ça devrait marcher. La date du lancement est confirmé. Jeudi 24 février 2005, Café Chaos, 2031 rue St-Denis (Métro Sherbrooke ou Berri-UQAM, entre maisonneuve et sherbrooke, versant Est). Prix d'entrée 5$ (pour payer la salle). Heure de début à confirmer. D'autres infos viendront ! Vengeance, le film en parallèle de l'Aube Noire est maintenant disponible. download ici (57.3 mb) Le site est remis à neuf. Nouveau serveur - plus aucune pub. La rédaction de l'Aube Noire fut terminée hier, le 20 novembre. Nous attendons la correction du roman ainsi que les derniers dessins de Laëmas pour faire le montage et l'impression. Le premier tirage sera de 200 copies, avec papier 100% recyclé. Nous prévoyons le lancement officiel vers la fin février, il y a des chances que ce soit le samedi 26 au Café Chaos. En passant, nous avons besoin de bénévoles motivés pour une petite pièce de théâtre ! Si ça vous intéresse, écrivez-moi au nox@resist.ca Un film en parallèle à l'Aube Noire a été conçu entre novembre et septembre 2004, intitulé 'Vengeance'. Il sera disponible sur le site bientôt. Nouvel extrait de l'Aube Noire, tiré du livre IV, disponible ici. Le site va bientôt changer de serveur. Celui-ci met beaucoup trop de pub. Le URL cloak (da.ru) reste actif, mais le cjb.net est défectueux. Je tente de le réparer.
Moi et Laëmas sommes encore vivants. Cette fin de semaine l'Aube Noire sera terminée pour de bon. Certes, les lunes ont échappées à ma plume... j'étais Ailleurs. En novembre, l'existence se trouble de blanc et de noir. J'imagine qu'il serait juste d'affirmer que nous sommes dans ignorance. Mais j'espère retourner auprès de vous tous lorsque ce sera terminé. Maintenant, des forces écrasantes me gardent près d'elles. Je veux ouvrir la boite de Pandore. Aussi, j'ai décidé cette nuit de dédier l'Aube Noire à ma soeur dans les ténèbres, Alana. En un sens, nous sommes aux prises avec la même injustice, la même incompréhension... mais avant la fin, il nous est donné de révéler qui nous sommes aux yeux perfides de ce monde. Nous nous reverrons d'ici peu. Courage...
- Raven Autre poème sous le pseudonyme d'Aether Nox. Nouveau poème sous le pseudonyme d'Aether Nox. Changement de serveur, à cause de la pub. Celui-ci est moins pire mais il y a encore des popups alors installez popup killer pour vous en débarasser. J'ai fait quelques modifications au site que je trouvais pertinentes. Voici une peinture de ma plume, la représentation (inférieure, certes) de la toile 'Le Cardinal' d'Érynie Yano durant sa 5e Observation. Je fais évidemment référence à l'Aube Noire. J'ai tenté de recréer une pièce contenune dans l'hsitoire... je n'ai pas le talent du Cygne Noir, mais la tentative était particulièrement plaisante. ANNONCE : Le lancement de l'Aube Noire se tiendra durant l'hiver prochain, possiblement au printemps 2005. Moi et Laëmas travaillons à organiser l'événement. Un montage théâtral est en cours pour couronner l'événement. Jusqu'à date, il nous manque qqun-e pour s'occuper de l'éclairage (et du son), un-e DJ, mais surtout, des acteurs/actrices aussi amateurs-es que nous et passionnés-es par un projet militant artistique. À l'intérieur des bénévoles près à prendre la scène, nous avons besoin d'un homme blanc au crâne rasé qui a une bonne élocution et une femme de petite taille aux longs cheveux noirs.
De retour d'un long voyage, je suis heureux de vous informer que le livre 3 : MegaEra est maintenant terminé. Vous pouvez lire un extrait ici. Le dernier tome pourrait prendre un autre trois lune à composer, compte tenu qu'en cet été j'ai beaucoup plus de temps à consacrer à l'Aube Noire.
Lydia et moi quittons la métropole vers la fin de l'avril éthéré, le temps d'un souffle, le temps d'une beauté... Longtemps, je ne dis plus rien ici, devant mes idées et ma solitude je ne sais plus quelle parole prendre, quelle verbe saisir. Mais je vous laisse savoir que je quitte cet endroit pour une lune ou deux. Le tome 3 de l'Aube Noire est bien entamé, d'ici un an l'oeuvre verra le jour. D'ici là, il me vient la tentation du soleil et l'espoir des jours. Le repos, le doux repos, le sanctuaire, est-il là, devant, et saura-t-il me reconnaître - n'importe, mes frères et mes soeurs, je tiens à vous tous et toutes et je vous aimes... ...mais je ne sais plus quoi vous dire. La Forêt Noire est silencieuse. Des âmes tourmentées l'habitent, maintenant : des spectres mélancoliques. Ah, je vous la laisse, cette ombre, et vous souhaite sagesse et tempérance. À bientôt...
- Raven Et si vous me perdez, c'est parce que je dois être ce que je suis. Le printemps aura tôt fait de nous suprendre, mes soeurs et mes frères, et dans la Forêt Noire, depuis plus d'un an, on dirait les arbres n'ont pleu la même teinte, ni les fleurs le même parfum, nihil a pris ce qu'il devait prendre, mais nous sommes continués à travers lui, plus loin que la nuit peut-être. Il n'y a peut-être pas de réponse à ce que nous vivons, et peut-être que ça n'a pas d'importance. Nous nous sommes brisés-es à tenter de saisir, d'empoigner, de comprendre le Destin : nos sens ont été marqués par l'ivresse dans nos rêves et le deuil de nos illusions défuntes. La parole, les lettres, les mots ! Ah ! Combien étroite me semble ma plume de corbeau, en cette heure, sous les yeux stoïques du Temps que nous défions ! Les dieux et déesses du passé, comment j'aimerais les revoir maintenant, ne serais-ce que pour les forcer à constater la brutale cruauté du monde ! Quelle candeur j'avais d'être ainsi manipulé, quelle innocence encore ? Ah ! Enchantement et espoir, comment la langue portera jamais tout ce que mon coeur me souffle à la belle saison ? Et ces poèmes d'amour, auront-ils jamais la profondeur de mes sentiments ? Et cet amour, mes frères et mes soeurs ; ces lettres hors de l'écrin gravé avec liberté et art , je vous l'étalerais peut-être ici, comme je l'ai toujours fait, mais si je constate l'éclatante brillance du soleil là dehors, un silence m'apparaît bien plus éloquent, bien plus juste que mes dires maladroits au sujet de ce qui échappe à toute description. Et si c'était un mot, ce serait joie. Alors avant de retourner au front, avant de se jeter ici-même à la recherche de quoi que ce soit, je vous souhaite de contempler le chaos aux alentours et d'embrasser la vie qui est vôtre, trop souvent, oiseaux de forêt, nous devenons de vieilles corneilles brisées, mais il est encore temps de rire, et la Distance ne saurait nous garder de l'Ailleurs, assez pour s'amuser, assez pour savourer le silence, assez pour cueillir la plus pâle des fleurs. Amour & Défiance,
- Raven
Cela m'a pris vingt et un ans pour détruire mon aliénation. Maintenant je suis libre. Cela m'a pris sept ans pour avoir l'ombre d'une idée comment sauver Cybèle, et en ce jour, je tremble d'effroi sous la cité ; plus rien n'est semblable, mes frères, mes soeurs : passé le miroir, passé les rites de passage, seul le noir peut me vêtir, et seul un sourire saurait me faire le vrai visage, le temps file et les années me couvrent d'enchantement et de lassitude... j'ai peine à me retrouver près de vous. Que dire, maintenant ? Comme disait Baricco, quand le tableau se décroche : "C'est une de ces choses, il faut pas trop y penser, sinon tu sors de là, t'es fou. Quand le tableau se décroche. Quand tu te réveilles à côté d'elle et que tu ne l'aimes plus. Quand tu ouvres le journal et tu lis que la guerre a éclaté. Quand tu vois un train et tu te dis 'je me tire'. Quand tu te regardes dans la glace et tu comprends que tu es vieux." Maintenant, Alana pars en Irak d'ici un mois, exactement. J'ai à peine eu le temps de lui poster un dernier paquet. Maintenant, le mouvement anarchiste Montréalais semble vouloir jaillir de ses cendres, mais les anciens et anciennes, dans leurs yeux je ne vois plus d'espoir. Maintenant, l'hiver a atteint son creux et pourtant, ce n'est pas son froid à lui qui me secoue de la tête aux pieds... pas son froid à lui. Maintenant, Samuel s'en vient à Montréal, Raz à une blonde, Marilou est en pleine révolution. Maintenant, maintenant l'amour revêtit un nouveau visage et j'ai peine à déposer mes yeux sur ses traits tant ils m'éblouissent, oh, je sais - cela me rejoint dans mes vingt ans - qu'il n'y a pas de valeur transcendantale à l'existence, c'est l'enseignement de Nihil, sauf que pour une fois j'aimerais faire descendre du ciel une des déesses d'antant, Abèle peut-être, pour lui demander 'franchement, la vie, c'est pas un peu...' et elle refermerait mes lèvres délicatement, me chuchoterait 'oui, je sais, mais ne le dit pas, je t'en prie'. Je sais, Raven, mais ne le dit pas.
- Raven
Malice enflamme les rideaux. À la romance fable se rajoute deux vers, celui de l'amitié retrouvée et de l'amour trompé. Les amours vont et viennent, il semble, mais nous devons nous battre encore et toujours. Oh, ce sourire innocent sur moi alors que je laçais mes bottes, pleurais des larmes au-dedans, et cet hiver cruel qui accueille ma misère d'une nuit sans broncher. Saison morte qui ne berce de ses flocons que les plaies gelées ; foi, courage, tout cela n'est rien qu'un souvenir maintenant, et seulement pour un instant... l'aube revient toujours, et l'espoir avec lui, mais pour une heure, pour une heure seulement mes soeurs, mes frères, laissez moi vivre l'horreur d'être trompé. On m'a trahit, on m'a courbé de fourbes illusions. Mensonge. Pourtant Alana m'enseigna que ceux de notre nature sommes fascinés par l'innocence. Cela nous attire. Cela m'a brûlé. Je sais qu'il faut apprendre. Je vais me relever au chant du corbeau. Mais en cette heure je perds mon nom. Romance fable : moi et ma froideur, elle et sa naïveté. Hors de moi à tout jamais. Avec amour et honneur,
- Raven
Osons déployer nos ailes ! Sarabands aux airs distants, nous élevons le chant de la création et dansons en ricanants au seuil volupte de ce monde étrange, espérant qu'un soleil plus doux éclaire nos paupières au matin d'une nuit qui ne se lève que dans certains rêves opalins... Ô mes soeurs, mes frères, j'ai quelques contes à vous murmurer près de l'ambre d'un foyer, des visions qui me secouent, me charment tout entier... Écoutez bien ...
Il y a une lune, j'ai parcouru des heures tourmentées à la composition d'une très longue lettre. Signée de mon nom le plus précieux, je voulais retrouver une amitié perdue - possédé un instant de ces souvenirs de l'Île Émeraude et de cette fée qui hantait mes pensées. La lettre fut emportée par les flots et je l'ai oublié... minutes en heures en jours en lunes, le Temps repris sa marche.
Un soir de thé de jasmin, des fauteuils et un plancher de bois usé ; le Kief des bohémiens et cette dame aux yeux d'émeraude - lonrach aoibh - un sourire comme le soleil levant. Dans ma poche ; un poème d'encre épaisse, ficelé d'un ruban noir - une signature délicatement peinte avec les symboles de l'orient. Dans cette pièce, elle, moi, sa soeur et son enfant, à écouter nos voix s'élever en sages paroles dans l'air enjoué... Et cet homme tourmenté qui vient s'asseoir près de nous. Un écrivain. Et il nous parle de sa vision, de son projet - tente de nous vendre une oeuvre qui se compose de cent vingt lettres de suicide. De toutes sortes ; une oeuvre impressionnante et totalement funeste. Rappel de la mort. Notre vif refus, alors... ... et des yeux de forêt se posent sur moi amoureusement, mais le mystère est impassible et son coeur vivant reste un énigme enflammée : le poème reste dans ma poche.
Un Exil vers l'Est et mon frère de sang, des temps d'une douce sérénité sous un hiver trop froid - et ces visages, et ces paroles, un courage débordant de créer, jaillir, mordre dans Nihil et soutirer de lui tout ce que nous avons déjà été ! Des heures, il faut dire, lorsque finalement l'Exil avorte et le retour s'annonce, une promesse est inscrite sur la toile du Temps. Dans mon esprit reste le spectre de ce poème qui est resté dans ma poche trop longtemps, mon frère m'a dit de regretter ce qui n'a pas été fait. Et je me souviens... et compose une nouvelle lettre, cachetée d'un sceau qui porte mon insigne.
Puis il y a une journée où un vieux spectre doit se fait abattre - une organisation mourante que ses instigateurs ne peuvent plus souffrir. Le complot à terme, les alternes s'assemblent mais la dissention et une vile puanteur rejoignent la danse. En effet, les vautours sont au rendez-vous : des visages que nous n'avions jamais contemplé auparavant. Alors s'ouvre le théatre de l'ignominie : vingts anarchistes, pris par l'avarice d'un capital qu'ils et elles s'étaient jurés-es de vaincre, se disputent cinq heures de temps sous un nuage de poison blanc en se battant pour les restes d'une créature morte ! Horreur manifeste, nous n'étions pas assez nombreux. Nous ne sommes jamais assez nombreux. Les vautours s'enfuient, rassasiés. Le dégoût prend les derniers à la gorge mais il faut avancer, il ne faut pas s'arrêter. Ce qui est fait est fait, mais le souvenir doit rester. Fuite vers la forêt...
Et la forêt nous acceuille. Aussitôt délaissés par la mégapole une vieille maison bordée de neige et de boisés sombres se dresse contre la nuit d'hiver - tant d'âmes fantastiques y reposent ensembles, célèbrent la vie ! Oh, merveilleuses beautés ! Son sourire est là, elle nous acceuille à bras ouverts - alainn cioll bantiarna - Sa beauté rayonnante dans la nuit. Une table mise de potages chauds, de pain frais et les coupes résonnent pour la joie et la Terre, tant de bouteilles d'un vin rubis, tant de chaleur. Un foyer ardent brûle et nous nous rassemblons en cercle, en communion, tant de sagesse se transmet alors, des contes, des histoires, des idées : une richesse qui ne coûte rien mais vaut pour tout le reste. Chance et Fortune referment les rideaux, cette-fois. À l'insue des regards j'ai la missive cachetée d'un sceau qui porte mon insigne, ma lettre d'amour. Au-delà de la folle fraternité et du vin écarlate en nos coupes, soeurs et frères se laissent bercer par le sommeil et un à un s'éteindent - dans la nuit la plus froide et la plus noire, une lumière vive et une chaleur ardent nous acceuillent tous deux. Finalement seuls, heureux réunis. Lasánta geimhreadh, j'offre ma lettre et ses traits s'illuminent. Un parfum secret m'ensorcèle ensuite, épuisés d'un millier de soupires vains j'ai trouvé ce que je cherchais. À l'aube la confiance demeure, mais un voile noir se lève au loin.
Doute d'un silence trop marqué, je parcours mes pensées comme un damné. Le retour me prend trop rapidement et les espoirs méticuleux de mon imagination romanesque me trahissent une fois de plus, sans savoir la fatigue me possède et je retourne vers mon sanctuaire pour songer à l'amour et aux jours à suivre. Il est un fait que cet amour n'a pas lu la lettre ainsi offerte au complet, et je le sais. Mes ses yeux me hantent. Que penser ? Damner ou faire les louanges de ce silence prophète de poèmes et tourments ? Parce qu'au bout de la ligne, c'est cette autre lettre - celle de l'autre lune - qui a finalement échouée loin d'ici. Terrifié, j'écoute et me rappelle. C'est un ancien amour qui parle d'une voix - oh, une voix ! - que je reconnais, et elle pleure. Elle pleure. Mais ce n'est qu'un message, et la fée ainsi blessée par ma faute me cherche sans me trouver. Frappé de tristesse et confusion, je dois m'allonger dans le sommeil... je ne voulais que retrouver mon amie perdue, ma sarabande.
Le dernier vers est à rajouter. Fin de l'histoire, frères et soeurs. Avec amour et honneur,
- Raven
Bhí na deora ag timindí. Mes excuses à Mary Bathory, j'ai réalisé la contradiction théorique sur la Forêt Noire ; la Révolution sera contre les idées et les choses, pas contre les personnes. Et, ayant abordé la polémique d'un regard perçant et mature, il est évident qu'elle ne mérite pas le courroux ainsi imposé. Mes excuses. Aussi, pour autant que ma critique du personnalisme inhérrant au mouvement gothique s'acharne sur cette scène-spectacle, la Forêt Noire ne peut non plus arborrer les milles et unes ridicules représentations de ma personne qui y siégent. Il n'y a plus de section sur mes photos. Ouverture sur le jardin d'hiver. Un léger exil me mène vers le Levant encore une fois, pour y retrouver mon frère de sang. Quelques lettres voyagent vers des pays inconnus, et d'autres familiers. Ces graines feront jaillir d'impressionnantes fleurs, je crois, belles et gorgées d'un vénéneux nectar pour ceux et celles qui se laissent tromper. Et des échanges poétiques se font maintenant, quel bonheur de découvrir des Kin dans les terre reculés de la révolte ! À penser que dans cette ville près de la mer, l'ange qui retrouve ses ailes et celui qui ne sait pas atterir se plaignent de la vacuité spirituelle des lieux... oh, cet idéal qui est nôtre, encore faudra-t-il le créer. Un conseil frivole pour cette semaine : ne lisez jamais de traités complets sur le nihilisme avant d'être psychologiquement stable, et je veux dire, à toute épreuve. Je voulais comprendre l'idée du néant pour composer le reste de l'Aube Noire, elle qui comporte quelques sombres personnages désespérés... mais le savoir brûle l'âme - j'ai abîmé ma conscience en m'abreuvant à de pareilles eaux limpides. D'ici la fin je ne peux détourner les yeux. Après, je crois, après d'autres soucres viendront. L'ouvrage se doit d'être achevé. Mon oeuvre parlera bien d'elle-même, si un jour je perds la parole ! Il y aura peut-être un débat dans la Communauté, à surveiller. La Forêt Noire - oeuvre critique d'âme et de société - a ouvert le bal de la polémique avec le Sanctuaire de la Rose Noire... à voir. ... ici la pluie tombe sans relâche et les corbeaux jaillissent au-dessus des édifices en brique. Le souvenir de la Mère est une triste amertume à nos lèvres ; le spectre de la sorcellerie hante encore ces murs, et c'est un cerle noir qui se referme sur nos esprit bienveillants. Défiance, combat, révolte ! Nous irons plus loin encore... mes frères et soeurs, je vous souhaite l'espoir dans l'amour, et le courage de vivre en riant. Avec amour,
- Raven
Orgies incessantes du creux de l'hiver, s'en est assez ! Trop de vin, trop de bouffe, trop de sommeil. Vivement le retour du café noir et des nuits bohémiennes, ces festivités sont en train d'achever mon foie et mon cerveau tout entier. Mais bon. Vingt et un mètres de tissus noir je suis prêt à drapper le Nox de ma chambre comme il se doit, un traité de Nihilisme sur les genoux et la poésie au bout de ma plume de corbeau. Des nouvelles, peut-être ? Alana va bien. Nous avons conversé deux heures l'autre nuit. D'ici un an et demi elle sort de l'armée, et viendra ici-même. C'est promis, et Alana tient ses promesses. Autre nouvelle. Mon père s'est marié (three times' a charm) aujourd'hui ... cérémonie grandiose, opulence à n'en plus finir, quatuor de corde, château champlain, discours, larmes, le full kit. Oui oui, bourge à souhait, mais faut dire, ça aide d'aller de l'autre côté du miroir de temps à autre. Autre nouvelle. La septième séquence du tome II est entamée, j'enrage à tord et à travers pour ce petit bout de chemin. L'Aube Noire, il faut croire, est écrite avec du sang de poète. Autre nouvelle : quatre nouveaux poèmes récent de cette semaine passée sont sur le message board. Dernière nouvelle, j'irai à Rimouski entre le 3 janvier et le 8 janvier rejoindre mon Frère. Sinon, je récupère de mes batailles passées et tout va bon train. Natt Sjärna et la femme qui se cache sous sa fausse idylle de lueur d'étoile sont toutes deux en dehors de ma vie. Soit. L'Amour et ses charmes élusifs valsent toujours là, devant moi, virevoltants lorsque le soleil se couche, dans l'espoir d'un meilleur lendemain. La soif brûle à ma gorge, assèche mon coeur ; je vole vers des eaux rares, et j'ai accepté que ma soif me tue, si telle chose doit être. Mais ma soeur m'a promis la véritable romance, le véritable Amour. Marchons, alors... marchons... qu'un chant de joie s'élève aux branchages givrés d'un jardin d'hiver, suivra l'éloge des ténèbres et des rires d'enfant.
- Raven
Obsession de la politique. Aporie de la Révolution, et nous ne savons plus où nous tourner, sinon d'aller plus creux encore. L'hiver n'est pas tout autant froid, il faut dire. Difficile à cerner la folie si elle n'échappe pas à la réalité. En ces temps d'inspiration et de camaraderie sans précédents, combien me semble élusive la communauté de la Forêt Noire ! Qu'est-ce que nous voulons, au juste ? Et si c'est de la beauté, savons-nous encore... créer ? Et si c'est de l'amour, savons-nous encore... jouer ? Nos vies se poursuivent et ces rêves qui étaient les nôtres ne reçoivent rien de la dévotion promise jadis ! Hélàs, pour tout ces phantasmes ! Hélàs en effet, parce que de l'espoir enjoué de jours meilleurs, notre paresse moderne ne laisse traîner aucune miette, et c'est avec la plus morne des lassitudes que l'ère stupide de la production nous acceuille. Assez! Je vous invite à la révolte. Je vous invite à un monde sans limites. Passion et furie entremêlées dans notre hymne à la vie, avec ni dieux et ni maîtres ! Je vous invite à dépasser ces limites béates qu'on vous a inscrites. Je vous invite à vous réveiller. Il est encore temps... et l'aporie de la révolution ne saurait nous ralentir. Ayez le courage d'être vrai, vous de la Forêt Noire.
- Raven
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